Atelier 21 : rendre la transition énergétique concrète, accessible et collective

Retour sur l’échange entre l’équipe Circulab et Cédric Carles, fondateur de l’association Atelier 21 (à retrouver également dans le podcast Conversations de Radio Circulab).

A l’heure où la transition écologique s’impose comme une nécessité, la question qui demeure (et particulièrement auprès des acteurs du secteur), est de savoir comment embarquer tout le monde. Depuis plus de 15 ans, Atelier 21 explore cette problématique à travers des projets dédiés à la transition énergétique et à l’écologie pratique. Portée par une approche de design à la fois pédagogique et utile1, l’équipe s’attache à transmettre ses savoirs pour imaginer collectivement un futur plus durable.

Autour de Cédric Carles gravite un écosystème varié réunissant chercheurs, ingénieurs, historiens et énergéticiens. Tous partagent une conviction forte : la transition ne peut réussir que si elle implique chacun, progressivement. Cette philosophie guide ainsi tous les projets d’Atelier 21, tout est conçu pour rester pédagogique, afin que l’innovation et la vulgarisation des alternatives énergétiques restent accessibles et collectives.

La solution du réemploi des piles alcalines avec la RegenBox

Parmi les enjeux sur lesquels travaille Atelier 21, le stockage de l’énergie occupe une place centrale. Si nous savons aujourd’hui produire de l’électricité (notamment à partir de sources renouvelables), réussir à la conserver et à l’exploiter au bon moment demeure un vrai défi. 

L’exemple des piles est assez parlant, d’autant que le gisement est énorme : chaque année, près d’un milliard de piles est jeté en France, dont environ 700 millions de piles alcalines. Et pourtant, une grande partie de ces piles pourrait encore être utilisée. Selon les observations d’Atelier 21, jusqu’à deux tiers des piles jetées n’ont en réalité rien à faire dans les bacs de collecte puisqu’elles sont encore fonctionnelles ou réparables, parfois pour un simple défaut technique.

C’est de ce constat qu’est né le projet RegenBox. Son principe est simple : diagnostiquer et régénérer des piles alcalines, y compris celles estampillées « non rechargeables ». Sans prétendre les rendre infinies, l’objectif est d’en prolonger la durée de vie autant que possible, en évitant leur mise au rebut prématurée.

Aujourd’hui, les solutions développées par Atelier 21 permettent déjà de sauver environ 100 000 piles par an, avec une ambition affichée d’atteindre les 2 millions à moyen terme. À raison d’environ 145 grammes de CO₂ par pile alcaline (AA), cette innovation pourrait éviter l’émission de près de 290 tonnes de CO₂ par an à terme !

Crédit photo : Site internet NeozOne

Le Solar Sound System : apprendre en expérimentant

Bien avant la RegenBox, Cédric Carles explorait déjà des formats pédagogiques innovants à travers le Solar Sound System. Conçu dans ses premières années d’engagement dans l’éducation populaire, ce dispositif est une sonorisation alimentée par l’énergie solaire… et humaine, grâce à des vélos générateurs.

Pionnières dans leur domaine, ces installations autonomes peuvent alimenter des événements rassemblant de 50 à 500 personnes en extérieur. Fort du succès rencontré lors de plus de 1 000 événements militants et festifs, ce projet illustre parfaitement la capacité d’Atelier 21 à rendre les enjeux énergétiques à la fois visibles, compréhensibles et engageants.

Crédit photo : Site internet Solar Sound System Paris

Réactiver des solutions oubliées

Au-delà de l’innovation, Atelier 21 s’inscrit également dans une démarche de recherche et de transmission culturelle.

Depuis 2015, le programme participatif Paléo-énergétique explore des brevets tombés dans le domaine public. L’objectif est d’analyser ces inventions, en comprendre les principes et les adapter aux enjeux actuels. Une manière de rappeler que certaines solutions existent déjà, mais encore faut-il les redécouvrir…

Cette démarche se prolonge avec le Rétro Futur Museum, qui inventorie et valorise des innovations énergétiques oubliées, tout en les mettanten dialogue avec des créations contemporaines issues du design, de l’ingénierie et de l’art.

Plus qu’un travail de mémoire, cette approche ouvre de nouvelles pistes pour la recherche et l’innovation. Elle montre surtout que la transition ne repose pas uniquement sur des technologies inédites, mais aussi sur la réactivation de savoirs et de pratiques ; autant de leviers essentiels pour répondre aux enjeux actuels de sobriété, de circularité et d’appropriation collective.

Conclusion

Malgré certains blocages et résistances persistants, Cédric Carles reste optimiste. Les lignes bougent, et cela y compris du côté des entreprises qui sont de plus en plus nombreuses à prendre conscience des limites du modèle actuel.

Il imagine même à terme, la création d’un observatoire public du stockage de l’énergie, capable d’évaluer les technologies de manière indépendante — un équivalent du « 60 Millions de consommateurs » appliqué aux batteries.

En attendant, il insiste sur deux choses : la patience et la diffusion. Bien que les idées mettent du temps à émerger, à trouver des financements et à s’imposer ; elles finissent selon lui, toujours par émerger et circuler — à condition bien-sûr d’en parler autour de soi, et pas seulement aux convaincus !

Pour aller plus loin

Pour écouter l’intégralité de l’échange entre Justine et Cédric, rendez-vous sur le podcast Activer l’économie circulaire de Radio Circulab, disponible sur toutes les plateformes d’écoute !

Si le sujet vous intéresse et pour prolonger la réflexion, n’hésitez pas à consulter le site internet d’Atelier 21 et à découvrir leur ouvrageRétro futur, une autre histoire des innovations énergétiques, publié aux éditions Buchet-Chastel.

  1. Inspiré des travaux de Victor Papanek (1923–1998), designer et théoricien, il est une une figure majeure du design social et écologique. Il défend un design utile, accessible et centré sur les besoins réels. ↩︎

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